Parcours

Après des études d’art aux Etats-Unis puis en Allemagne, Norma Hecker s’installe dans le sud de la France où elle exerce d’abord le métier de lissier. Elle produit ensuite ses propres tapisseries, de grand format. Dés lors, ses oeuvres (dessins, peintures, tapisseries), qu’il s’agisse de grands travaux abstraits ou de petits formats, mettent l’accent sur le geste de la main, en lien avec l’art oriental de la calligraphie, base d’un voyage d’études en Chine. Par ailleurs, dans les dessins et la peinture, les jeux d’échelle révèlent l’intérêt de l’artiste pour les notions de macrocosme et de microcosme. Norma Hecker considère en effet que toute œuvre, qu’elle soit monumentale ou non, n’est qu’un fragment d’une création globale.

Depuis 1991, Norma Hecker vit et travaille à L'ATELIER DE LAURENQUE près de ROQUEBRUN (Hérault), et plus récemment, aussi à SETE.  


Art

 


Les jeux de l’échelle des notions de macrocosme et microcosme…le geste de la main qui bouscule ces notions, allant du très petit au très grand, en mélangeant les points de vue…le geste de la main en couleur est l’empreinte de la main vivante, qui est toujours en mouvement…incontrôlable, qui va quelque part…le geste bouge, change, et essaie de chanter à sa façon…

Mes travaux sont des fragments d’un aperçu imaginaire qui s'évade du cadre, vers la gauche, vers la droite, comme des rouleaux de parchemins chinois, et en haut et en bas, qui n’en finit pas

Peut-être est-ce un fragment parce que, de toute façon, on ne peut pas tout faire et le fait de ne faire qu’un fragment montre qu’il y a encore d’autres possibles…

Un fragment est la vérité de la microstructure comme dans une œuvre littéraire, chez Ponge, chez Flaubert. Sans début ni fin, les fragments sont des polyphonies en musique, ou le « chaos » en sciences.

Au travers des fragments, on essaie d’apercevoir des relations passées et futures…

On vit dans l'art visuel ce qui est décrit par Gilles Deleuze pour l'écriture « Ecrire n’a rien à voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, même des contrées à venir ». On perçoit « l’espace nomade, l’espace libre et ouvert, aux perspectives changeantes », relié à une multitude des points de vue chers à Deleuze et Guatteri.

Le vide n'est jamais vide, on n'a aucune idée de son étendue.....

Minuscule ou monumentale, l'oeuvre confronte le même univers……un univers élastique, sans début et sans fin, sans limite et sans contour, ou la nature recouvre tout, pour autant qu'on la laisse faire.

Aujourd’hui l'art va naturellement vers la diversité, au travers de la vision individuelle de l'artiste, toujours plus fragmenté, comme un kaléidoscope, image sur image.

Peindre pour parler de ce monde imaginaire par la couleur... Le geste de la main, pour convoquer le hasard, pour essayer de rassembler, assembler, différencier, faire partie.

Parfois, en peinture, on peut avoir un geste qui remplit à lui seul son espace.

Mais la plupart du temps, ce sont les fragments d’une idée de l’existence d’une création globale continuant en dehors du cadre...et puisque ce monde est vaste, on ne peut qu’en montrer une partie...

La matière n’est pas passive. Des choses étranges ont lieu dans la nature...


Norma Hecker

 


Formation

 


  • Université de New Hampshire, U.S.A., Histoire de l’Art et Arts Plastiques
  • Académie des Beaux Arts, Prof. Franz Nagel – Munich, Allemagne - Peinture, Dessin, Gravure, Lithographie
  • Université Paul Valéry, Montpellier, Master en poésie contemporaine ethnique américaine associé à l’œuvre de Cy Twombly et Basquiat